Les Cornes d’Urfé

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Au sommet de la colline, cachées derrière les sapins, les tours du château des Cornes d’Urfé apparaissent très discrètement !

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Le château des Cornes d’Urfé.

Situé à Champoly, il se dresse sur le sommet d’une haute colline proche des monts du Forez. Il évoque les farouches combats du temps du Moyen-Âge.
Édifié du XIIè et début du XIVè siècle, son nom vient de la silhouette qu’il dessine sur le ciel. Il domine, à 930m d’altitude, les trois provinces du Forez-Roannais, du Bourbonnais et de l’Auvergne. Remarquable belvédère d’où l’on voit les Alpes et le Puy de Dôme.
Cette forteresse est l’œuvre de la puissante famille des Raybe d’Urfé, qui s’illustrèrent dans la haute administration, les armes et les lettres. Son plus célèbre représentant fut Honoré d’Urfé, auteur de L’Astrée.

Honoré d’Urfé
(1567-1625)
Fils de Jacques 1er d’Urfé et de Renée de Savoie.
Né à Marseille le 10 février 1567, il passe une partie de son enfance au château de la Bâtie, en Forez. Élève au collège de Tournon, homme de guerre et écrivain, auteur de l’Astrée, roman pastoral publié en cinq parties de 1607 à 1627 . Mort à Villefranche-sur-Mer le 1er juin 1625.

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Blason de la famille d’Urfé.

– Au XIIè siècle, le comte de Forez et l’archevêque de Lyon s’opposent pour le contrôle du Forez. Leur querelle s’apaise grâce à un traité de paix en 1173. 
C’est dans ce contexte que les seigneurs de Beaujeu ont profité de la querelle du comte du Forez et de l’archevêque pour prendre une position proche des monts du Forez. Ils confient vers 1130-1140, à Arnoul Raybe, la place d’Urfé qui n’a probablement pas encore l’allure de l’imposante forteresse médiévale qu’elle sera plus tard. 
Une fois la paix signée entre l’archevêque de Lyon et le comte de Forez, ce dernier se retourne contre les Beaujeu. Dès 1173, la place d’Urfé tombe aux mains des Foréziens. Après quatre conflits s’étalant de 1173 à 1222, la frontière se stabilise entre les deux seigneurs. Urfé reste dans la mouvance du Forez bien que les Raybe aient à chaque guerre pris le parti des Beaujeu. Perdant en partie son rôle stratégique, le château reste le berceau d’une famille noble dont l’ascension ne fait que débuter.

– Le château prend de l’ampleur au début du XIVè siècle sous l’impulsion de Guichard d’Urfé, descendant du premier occupant du site. Engagé dans l’armée dès 1377, ses succès lors des campagnes royales lui permettent de devenir bailli du Forez de 1409 à sa mort en 1414. Ses successeurs conservent une position avantageuse et se hissent à la tête de la noblesse du comté. 
Le château profite de la montée en puissance de ses propriétaires. Pourtant, ceux-ci se tournent vers une autre propriété plus confortable et où le goût de la Renaissance peut s’épanouir plus aisément que dans l’austère forteresse d’Urfé. Ainsi, la Bâtie d’Urfé, dans la plaine du Forez, devient le nouveau décor de la vie de la puissante famille d’Urfé. 
Claude d’Urfé (1501-1558), outre sa charge de bailli du Forez, s’impose sur la scène nationale, fort de la confiance de François Ier qui en fait son représentant au concile de Trente. Son fils, Jacques d’Urfé, se marie avec Renée de Savoie. Ce brillant mariage confirme l’ascension du lignage.

– Parmi les six fils de Jacques, trois s’illustrent particulièrement. Anne, Honoré et Antoine font briller les armes de la famille. Les guerres de religion qui secouent la France à la fin du XVIè siècle laissent des traces dans la famille. Les trois frères prennent le parti catholique et s’engagent aux côtés de la Ligue, mais Antoine trouve la mort dès 1594 au siège de Villerest. Honoré s’illustre avec plus de succès et surtout, quand il ne prend pas les armes, brille par sa plume en rédigeant l’Astrée, célèbre roman pastoral qui marquera profondément la littérature occidentale du XVIIè siècle. La destinée du château et celle d’Honoré ne se croisent que rarement, la Bâtie étant le nouveau berceau familial. C’est son frère, Anne d’Urfé, qui fait du château sa retraite.
Anne d’Urfé, poète et homme d’armes, choisit le repli dans la vieille forteresse médiévale, suite à des déboires politiques et sentimentaux. Engagé auprès de la Ligue, il choisit finalement de se rallier à Henri IV, ce qui lui vaut des relations tendues avec son frère Honoré. Mal récompensé de son engagement politique, il se retire d’autant plus amèrement que sa vie conjugale ne parvient pas à s’épanouir. Faute d’avoir des enfants avec Diane de Châteaumorand, il se sépare d’elle en 1599. Cette dernière se remarie avec Honoré en 1600, sans doute autant par amour que pour préserver l’héritage familial. Dès lors, Anne se retire dans une vie méditative aussi pieuse que littéraire. A la belle saison, il occupe la vieille forteresse qu’il aménage au goût de la Renaissance, y installant des galeries dans la cour intérieure et un verger au pied de la façade nord. En 1621, à la mort d’Anne d’Urfé le château commence à accompagner le lent déclin de la famille.

– Le château traverse le XVIIè siècle et la première moitié du XVIIIè siècle sans être très occupé, mais il n’est pas délaissé et la famille continue à l’entretenir. Cependant les soucis financiers d’une famille de plus en plus divisée conduisent à la vente de la demeure et de la seigneurie d’Urfé. Après six siècles dans la même famille, il est acquis en 1766 par le Marquis de Simiane qui le cède dès 1781 à la famille de Meaux, l’actuelle propriétaire. La tourmente de la Révolution transforme le château en carrière de pierres, où chacun se sert à sa guise et une dégradation inexorable s’amorce. Se transformant petit à petit en ruine au XIXème siècle, son allure de plus en plus décharnée lui vaut une sinistre réputation et le surnom de « Cornes d’Urfé ». Les tentatives de restauration de la famille de Meaux au début du XXème siècle sont battues en brèche par le vandalisme qui se poursuit. Le château est inscrit sur l’inventaire des sites pittoresques en 1946. Il est pris en charge à partir de 1979 par l’Association pour la Renaissance d’Urfé, qui tente d’y faire revivre l’esprit d’un lieu marqué par le temps

D’après l’ouvrage de référence : Norbert GROS, « Urfé, historique du château », 2005 (édité par l’Association pour la Renaissance d’Urfé).

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Par la route qui mène au château depuis le village de Champoly, nous apercevons les Monts du Forez et le sommet encore enneigé de Chalmazel.

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Vue sur le Puy de Dôme.

Vue sur Saint-Priest Laprugne et le Rocher Saint-Vincent.

Vue sur Saint-Just en Chevalet et sa vieille église (Dont j’ai pris quelques clichés à voir sur un article précédent).

Au pied du bourg, on aperçoit du haut du donjon d’Urfé, le Château de Contenson, vaste demeure du XIXè siècle, construit sur des fondations plus anciennes.

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Et au nord de Champoly, le château de Génétine en lisière des Bois Noirs.

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La plaine du pays roannais, où coule la Loire. À l’horizon, dans la brume, la chaîne des Alpes.

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2 réflexions sur “Les Cornes d’Urfé

  1. Oui, une belle promenade et une belle découverte des « Cornes d’urfé ». La région est pleine de secrets et presque inconnue du grand public. Egoïstement, je dirai « tant mieux ». J’y retournerai souvent je crois, comme sur le sommet du rocher Saint-Vincent. Merci pour ce reportage très intéressant lui aussi…

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