Châtel-Montagne, l’église Notre-Dame.

Châtel-Montagne (appelé castel-montanis à l’origine) est à 600 mètres d’altitude, au niveau d’un col défendu naturellement par les versants escarpés de la Besbre.
Le village de Châtel-Montagne était autrefois le siège d’une baronnie importante dépendant de la seigneurie, puis duché de Bourbon (des vestiges du château médiéval, tombé en ruine avant la Révolution, subsistent de nos jours).

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Un prieuré clunisien est fondé à la fin du XIè siècle, sous l’abbatiat de saint Hugues de Cluny (Hugues de Semur). Au début du XIIè siècle commence la construction de l’église Notre-Dame. Le prieuré souffrit des troubles du XIVè siècle et disparut au XVè siècle.
La Révolution de 1789 entraînera la destruction de toutes les archives religieuses et civiles du village, renommé temporairement « Mont-sur-Besbre », ainsi que la suppression de la flèche de l’église. La réalisation en 1816 d’une véritable route de Châtel au Mayet, ainsi que de la route en lacets jusqu’au croisement de la route de Lapalisse, désenclaveront enfin le village. Cependant l’importance de Châtel-Montagne ne cesse de décroître depuis qu’elle a perdu son rôle de chef lieu de canton, au profit du Mayet-de-Montagne.
Elle fit d’abord partie du canton d’Arfeuilles, puis, à partir de 1801, de celui du Mayet-de-Montagne. Après les élections départementales qui ont eu lieu en mars 2015, la commune est rattachée au canton de Lapalisse. 

 

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Histoire
L’église de la Vierge-Marie de Châtel-Montagne a été donnée par Dalmas de Châtel-Montagne vers 1081-1088 à l’abbaye de Cluny. Une copie de l’acte de donation indique la date de fondation du prieuré au 2 mai 1082. Cette donation a été contestée par deux frères de Dalmas. Mais cela n’a pas empêché le pape Urbain II de confirmer la possession du prieuré par l’abbaye de Cluny le 16 mars 1095.
Le prieuré est installé pour trois ou quatre moines (ce qui est attesté en 1294, 1310, et 1353). En 1331, le prieuré passe dans la mense de celui du prieuré féminin Laveine près de Maringues (Puy-de-Dôme), le XIVè siècle marquant le repli des petits établissements.
Les visiteurs clunisiens signalent que les bâtiments conventuels sont en mauvais état en 1354, 1386 et 1417.
En 1501, le prieuré de Laveine est réformé par l’abbé de Cluny Jacques d’Amboise. Le prieur a alors cédé tous ses droits à la prieure Gabrielle de Polignac pour gérer le temporel du prieuré.
Il y a encore des moines au prieuré de Châtel-Montagne en 1679. On ne sait pas très bien dans quelles circonstances ils quittèrent le prieuré. Quand des moines étaient présents dans le prieuré, ils célébraient la messe sur le maître-autel situé dans l’abside. Les messes de la paroisse se faisaient sur le maître-autel consacré à saint Genest placé à l’est de la nef. Quand ils quittèrent le prieuré, les offices de la paroisse sont alors transférés sur le maître-autel de l’abside. L’autel consacré à saint Genest a été détruit entre 1698 et 1702.

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Historique de la construction de l’église
En l’absence de documents concernant la construction et permettant de connaître d’une manière certaine les dates de construction, les étapes probables ont été définies en 1905 par Eugène Lefèvre-Pontais.
La première phase de construction concerne la nef de l’église, les collatéraux et le transept dont les parties basses remontent au début du XIIè s.
Les parties hautes de la nef, à partir de la fausse tribune, les voûtes des collatéraux et le porche occidental ont dû être construits vers 1150.
Les voûtes du transept et le chœur datent de la fin du XIIè s.
Le porche d’entrée sud a été construit au XIIIè s.

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Christ en Croix estimé datant du XVè siècle.

L’église comporte près de 90 chapiteaux, presque tous taillés dans un granit très dur, ce qui n’est pas sans conséquence sur le manque de finesse des sculptures et qui les a fait à tors traiter de « grossières ». Plusieurs chapiteaux ont été mutilés à la révolution ou par le zèle puritain du XIXè s. Certains ont été remplacés par des chapiteaux à motifs végétaux lors des restaurations.

Les 9 chapiteaux historiés les plus connus sont situés dans la nef : l’âne, tiré par une oreille, retenu par la queue, la luxure, aux cuisses martelées par la censure d’un conseil municipal vers 1835, l’orant bénissant l’assemblée, l’atlante à tête de grenouille, les joueurs de trompe.
Une partie des chapiteaux paraît antérieure au début du XIIè s. et serait de réemploi.

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Vierge à l’Enfant – 15e siècle. (143cm)

La Vierge debout, légèrement hanchée, est vêtue d’un manteau ocre rose ouvert sur une robe bleue. Ses cheveux en bandeau, sont couverts d’un voile blanc surmonté d’une couronne à trèfles. Ses pieds chaussés écrasent le serpent. L’Enfant repose sur son bras gauche, de la main droite il bénit et sa main gauche est posée sur un globe.
Inscrite à l’inventaire complémentaire des Monuments Historiques en 1994. Restaurée en 2008.

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Vitraux du XIXè siècle.

Bernard Craplet critique cet historique en indiquant que l’homogénéité de la nef ne justifie pas de couper en deux phases de construction de la nef. Elle aurait été entièrement construite en 1100 et 1125. La partie la plus ancienne de l’église serait le transept qui aurait été construit au XIè s. puis modifié au début du XIIIè s. Le porche occidental aurait été construit ensuite, au milieu du XIIè s, en avant de l’ancienne façade occidentale.
En 1835, la première absidiole côté nord est démolie et remplacée par une chapelle rectangulaire.
L’église est classée Monument historique en 1840. Le porche latéral sud menaçant ruine, la municipalité veut le détruire en 1850. Le ministère chargea alors l’architecte Eugène Millet de faire un rapport sur l’état du bâtiment en 1852. Le porche latéral sud est reconstruit en 1853. Les toitures sont refaites en 1864-1865. Puis les travaux de restauration sont réalisés par l’architecte Georges Darcy entre 1873 et 1876.
L’édifice date majoritairement du XIIè siècle (une reconstruction sans doute liée à l’installation de la communauté), mais il a subi quelques transformations au XIXè siècle (partie sud). La façade ouest, très austère, mais aussi très majestueuse dans sa sobriété, se compose d’un porche et d’une travée en avant d’un mur à pignon. On pénètre ensuite dans une nef de quatre travées avec un transept peu saillant, suivi d’un chœur à déambulatoire et de quatre chapelles rayonnantes.
Le décor des chapiteaux du chœur est constitué majoritairement de végétaux : palmettes, acanthes, feuilles plates, et d’animaux. Dans les bas-côtés, on remarque un âne, une sirène-poisson. Le matériau utilisé est un granit local souvent à gros grains, ce qui explique le faible développement du décor sculpté. L’église est le résultat d’influences multiples, ce qui se comprend en raison de sa localisation aux limites de la Bourgogne et de l’Auvergne.

En 1955 , à la suite du renouveau lié au concile de Vatican II, poussé par le zèle des conservateurs des Monuments Historiques et par le nouveau goût du jour, des lustres en bronze du XIIIe siècles, des vases sacrés anciens et la table de communion sont vendus. Le Christ de la poutre de gloire ainsi que les grilles du chœur sont entreposés à la tribune
La chaire est entreposée au fond de l’église, son pied est coupé pour réaliser le lutrin.
L’autel en bois et stuc situé au fond du chœur est remplacé par un autel « moderne » en granit placé plus près des fidèles.
Le « chemin de croix » , aujourd’hui inscrit à l’inventaire complémentaire des monuments historiques, a failli disparaître…

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Horloge avec renvoi du mouvement (1927):

Payée par souscription communale elle a été fabriquée en 1927 à Morez du Jura par Odobet Cadet sur un modèle allemand de 1860.
Ne pouvant être installée dans le clocher, exposé aux intempéries et d’accès dangereux en hiver, elle mobilise les aiguilles du cadran par un système de renvois à cardans. Le poids de 300 kg doit être remonté chaque semaine.

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(Historique repris d’après Wikipedia et le site : http://www.chatel-montagne.com/ ).

2 réflexions sur “Châtel-Montagne, l’église Notre-Dame.

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