Musée Anne de Beaujeu, Moulins

Moulins.

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La cathédrale, vue du jardin du musée, et le « Jacquemart » dépassant des toits de la vieille ville.

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Un retour à Moulins s’imposait pour visiter le musée Anne de Beaujeu. Une exposition temporaire s’y tient jusqu’en septembre, un artiste peintre et illustrateur méconnu aujourd’hui alors qu’en son temps il semble avoir été fort plébiscité par les représentants de la République. 

 

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Musée Anne de Beaujeu :

Le pavillon du palais ducal qui abrite les collections constitue l’un des premiers exemples d’architecture et de décor Renaissance construit en France.
Il se compose d’un portique à l’italienne dans lequel s’ouvre une tour percée de trois arcades. Les arcades présentent une dense modénature au niveau des voussures et des écoinçons déclinant tout le registre ornemental de la Renaissance.
Aucun élément ne permet d’attribuer le décor de cette façade à un artiste particulier.

Maquette du château tel qu’il se présentait avant sa destruction.

Un lieu historique : le château des ducs de Bourbon

Le musée qui doit son nom à la fille de Louis XI, Anne de France devenue Anne de Beaujeu en épousant le duc de Bourbon Pierre de Beaujeu, est installé sur le site du château des ducs de Bourbon. L’art jouait déjà un rôle de premier plan à l’époque des ducs. Anne de Beaujeu (1461-1522) s’était en effet entourée de sculpteurs, de peintres et d’architectes pour faire de Moulins une ville digne d’accueillir la cour de France. La pavillon a été construit vers 1500 pour fermer la grande cour du château médiéval élevé par Louis II de Bourbon.

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Le donjon appelé « La mal coiffée ».

Après la Révolution : les prémices du musée

Le premier musée, comme dans de nombreuses villes, voit le jour lors de la Révolution française. Face au vandalisme exercé contre les biens de l’aristocratie et du clergé, l’Etat demande aux municipalités de lutter contre le pillage des demeures et églises et de rassembler les objets sauvés.
Le district de Moulins nomme donc en 1795 un conservateur qui regroupe ces collections dans la chapelle du couvent de la Visitation. Mais elles seront rapidement dispersées dans divers lieux : églises, lycée… Le premier musée moulinois meurt officiellement en 1834 !
En 1842, la Ville crée par délibération du conseil municipal son musée. Quelques toiles appartenant à la Ville au moment de la Révolution ainsi que des dons et des achats forment l’embryon de cette collection.
Peu à peu, le musée se déploie dans toutes les salles de l’Hôtel de ville. Les collections sont alors essentiellement composées de peintures et de médailles.

Quelques œuvres de cette collection.

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Le rôle déterminant de la Société d’Emulation du Bourbonnais

Fondée en 1845, la Société d’Emulation du Bourbonnais se donne pour mission « de s’occuper activement de former une collection d’objets d’art en donnant avant tout la préférence à ceux qui auraient été découverts dans le département de l’Allier ». Cette collection ne débute finalement qu’en 1851, à l’occasion de fouilles archéologiques sur la commune voisine, Yzeure. Devant l’importance des collections acquises, la Société sollicite les pouvoirs publics pour gérer ce patrimoine. C’est ainsi qu’en 1861, le Département dégage les fonds nécessaires à la création d’un musée départemental à la condition que la Société y mette en dépôt l’ensemble de ses collections. Un second musée est donc inauguré à Moulins le 15 août 1863 dans les bâtiments du palais de justice.

Le testament décisif de Louis Mantin

Réunion des musées municipal et départemental, le musée Anne-de-Beaujeu doit beaucoup à Louis Mantin. L’idée de regrouper les deux collections était en germe dès les années 1860 mais aucun des projets n’avait pu aboutir. Or le destin du musée et la vie de cet ancien haut fonctionnaire sont intimement liés. D’une part, les grands-parents de Louis Mantin avaient fait construire leur demeure sur les ruines du château situées entre le donjon et le pavillon Anne-de-Beaujeu et Louis Mantin lui-même y avait adossé sa spectaculaire villa en 1896. D’autre part, il était investi dans la vie culturelle locale et fut vice-président de la Société d’Emulation du Bourbonnais de 1902 à 1904. Lui-même collectionneur et amateur d’art, la création du musée lui tenait particulièrement à cœur. Issu d’une famille fortunée, rentier à 42 ans, « bourgeois » et original, Louis Mantin lègue en 1905 son exceptionnelle maison et la collection qu’elle renferme « de façon à montrer aux visiteurs dans cent ans un spécimen d’habitation d’un bourgeois du 19e siècle ». L’édifice pittoresque est conçu pour présenter et conserver la collection du maître des lieux.

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La maison Mantin, vue côté jardin.

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Il légua sa maison, ses collections et une somme d’argent aux pouvoirs publics pour la création d’un musée dans le pavillon Anne-de-Beaujeu à la condition que ce dernier soit ouvert au public dans les cinq ans suivant sa mort. C’est ainsi que le nouveau musée ouvrit ses portes le 5 juin 1910.

Fermée pendant presque un siècle, cette maison singulière et ses collections surprenantes ont été entièrement restaurées.

JEAN GEOFFROY . UN ENGAGEMENT RÉPUBLICAIN

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Illustration du livre de Victor Hugo, Les Misérables.

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Le petit mitron.

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Les enfants au spectacle.

J’aime beaucoup le regard apeurée de la deuxième fillette à gauche, semblant espérer un soutien de l’artiste qui saisit son portrait et sa mimique ! 

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Illustrations de la « Grande Guerre ».

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Deux des nombreux tableaux que Jean Geoffroy sur le thème de l’école, depuis les lois votées en 1881 et 1882 sur l’école primaire, enseignement gratuit, laïque et obligatoire, à l’initiative de Jules Ferry. 

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Considéré par ses contemporains comme « le peintre de l’enfance », Jean Geoffroy (1853-1924) dit « Géo » bénéficie au musée Anne-de-Beaujeu de la première rétrospective de son oeuvre. Artiste singulier, il a consacré toute sa carrière à représenter les plus humbles. Par une peinture touchante et pleine d’émotion, il dénonce la misère, affirme les enjeux de la santé publique et prône l’instruction comme idéal républicain. Peintre prisé, notamment de l’Etat, il se distingue également comme illustrateur d’ouvrages destinés à la jeunesse.
Plus d’une centaine d’oeuvres, pour la plupart inédites, ont été rassemblées pour cette exposition. De nombreux musées (musée d’Orsay, Petit Palais-musée des beaux-arts de la Ville de Paris, musée national de l’Education, musée de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris…) ainsi que des collectionneurs particuliers, ont généreusement accepté de participer à cette aventure.

Fin de la visite. Une prochaine fois, la visite intérieure de la Maison Mantin, j’espère…

L’essentiel des textes historiques que j’ai retranscrits et résumés ici, provient du site du musée Anne de Beaujeu.

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2 réflexions sur “Musée Anne de Beaujeu, Moulins

  1. Moulins est une ville méconnue, presque ignorée par les touristes et pourtant si riche dans l’Histoire de France puisqu’elle a abrité de grands personnages de l’Histoire. Le palais des ducs de Bourbon, la cathédrale, la tour et les jacquemards : de beaux monuments. Le musée Anne de Beaujeu est très intéressant et abrite de très belles pièces (sculpture, tableaux des ducs de Bourbon, …).
    Ville que je recommande à tous les bourbonnais qui ne la connaitraient pas ou mal 😉

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