Le Crozet, village médiéval

Une jolie découverte que ce village très bien restauré ! 

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Textes pris sur le site de la Mairie du Crozet : lecrozet.com (Culture & Patrimoine).

Au Nord du département de la Loire, au contact de la Plaine Roannaise et des Monts de la Madeleine, le village médiéval de Crozet fièrement campé sur son promontoire rocheux, vous séduira par son incomparable architecture, témoin d’un passé prestigieux.
Pendant les périodes troubles de l’Histoire, Le Crozet constituait un solide refuge contre les attaques. Jusqu’au début du XIIIè siècle Le Crozet et la Côte Roannaise appartenaient aux Vicomtes de Mâcon. À la mort du dernier, Artaud III, en 1220, la Duchesse de Bourgogne vend à Guy IV, Comte de Forez, ses possessions « Outre Loire ». C’est ainsi que la Côte Roannaise est rattachée au Forez. Avant de partir à la Croisade, Guy IV fit ceindre le Crozet de solides remparts et lui donna des Chartes, ouvrant le droit de Foire, de haute, moyenne et basse Justice… Ce fait marqua le début de la prospérité du Crozet.
Au XIVè siècle, le Crozet change à nouveau de suzerain. En 1362, lors de la terrible bataille de Brignais, en pleine Guerre de 100 ans, une bonne partie de la chevalerie française est massacrée par les armées anglaises et bourguignonnes. Le Comte de Forez et ses fils sont du nombre. Sa fille, Anne, reste seule héritière et pour protéger ses terres de la convoitise du puissant Duc de Bourgogne, épouse Louis II, Duc de Bourbon, allié du Roi de France.
C’est ainsi que le Crozet se trouve en possession des cousins du Roi et sous cette haute protection, la cité va continuer de prospérer.
Lorsque Charles III, le fameux Connétable de Bourbon, est dépossédé de ses biens par le roi François Ier après qu’il eût trahi la Couronne, Le Forez devient, pour quelques années seulement, possession de Louise de Savoie, mère du roi. À la mort de celle-ci, Bourbonnais et Forez font leur entrée dans les possessions royales.
Mais le développement de la Grande Voie Royale du Bourbonnais (aujourd’hui la fameuse Nationale 7), reliant Paris à Lyon à l’époque ville frontière et par conséquent des bourgs qui s’égrainent tout au long, va porter un coup fatal au Crozet.
Le Commerce, puis la Justice, l’Administration quittent les hauteurs de la Côte pour la Plaine Roannaise. Le village va peu à peu s’assoupir jusqu’à ce qu’Après-Guerre, des habitants passionnés décident d’entamer la restauration de ce magnifique patrimoine.
De ce passé glorieux, reste un bourg riche en bâtiments d’époque médiévale et Renaissance, que vous pourrez découvrir dans la rubrique « Culture et Patrimoine » de ce site, en attendant de venir le contempler.

La Grande Porte :
Autrefois c’était la principale des deux portes. Elle était protégée par une barbacane et permettait d’entrer par un pont-levis dans la place forte. L’arche ogivale repose sur deux tours, aujourd’hui tronquées. Cet ensemble est l’un des rares vestiges de l’enceinte fortifiée érigée à partir du XIII ème siècle et dont les murs avaient une épaisseur de 2.60 mètres à la base. Il semblerait d’ailleurs qu’aucune autre place forte de la région n’avait de murailles aussi épaisses. Au dessus de l’arc brisé on distinguait autrefois un mouton et un cadran solaire, qui furent remplacés lors d’une restauration par les blasons des Ducs de Bourbon, portant fleurs de lys et du Comte du Forez, avec son fameux dauphin. Cette porte ouvre sur la rue principale du village.

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C’est ici que l’Office de tourisme est situé, accueil agréable, documentation et renseignements très fournis.

La maison à pans de bois dite “du Connétable” :
Cette maison à colombages date du XIII ème siècle. Elle est dite « du Connétable » car la cheminée monumentale de la salle principale est ornée des armes des Ducs de Bourbon mais le fameux Connétable n’y a probablement jamais résidé. Au XX ème siècle, elle fut habitée par le célèbre helléniste Mario Meunier, qui en fit don à sa mort à la commune. Depuis 1982 y est installée la mairie (c’était déjà traditionnellement la  maison du prévôt de ville au Moyen Age et à l’époque Moderne).
Par un passage sous la maison on accède à une jolie cour, qui comporte un imposant puits dont la margelle est faite d’un monolithe, ce qui est très rare.

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L’ancienne halle de la Cordouannerie :
Ce bâtiment fut bâti au XIVè siècle (rez de chaussée) et très remanié au XVIè (étages avec fenêtres à meneaux). On remarquera les trois ouvroirs, arcades de pierres, qui matérialisaient trois échoppes (vous pourrez voir de nombreux vestiges d’ouvroirs conservés dans les murs des maisons du Crozet, montrant l’importance du commerce dans la cité au Moyen Age).

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La vieille église(Ancienne chapelle des Vicomtes de Mâcon :
C’est la première église bâtie à  Le Crozet par Artaud III, dernier Vicomte de Mâcon, pour le rachat de ses (nombreux) péchés. L’église fut fortement endommagée au XVI ème siècle lors des Guerres de Religion et restaurée en 1659. Désaffectée en 1865 après la construction de la nouvelle église, elle servit ensuite de hangar. N’étant plus entretenue, elle s’effondra en 1978 après un hiver très neigeux. Les décombres furent rachetés par l’association des Amis du Vieux Crozet et La Pacaudière, qui aménagèrent le site en petit jardin public. C’est le lieu privilégié des manifestations en plein air.

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Vue du haut du Donjon.

La maison Dauphin :
Ce bâtiment fut bâti au XVè siècle comme Halle de la Boucherie, puis fortement remaniée au XVIè siècle en habitation. Les belles fenêtres renaissance, en pierre jaune de Charlieu, ont perdu leurs meneaux. Elles sont disposées sans aucune symétrie, ce qui est étonnant pour l’époque. (Louis XIV, pour récupérer une partie des pensions qu’il versait à la noblesse, créa l’impôt sur les fenêtres, payable par tout propriétaire même noble : une fenêtre à meneaux comptait pour 4 fenêtres donc beaucoup de propriétaires, nobles ou non, les supprimèrent à cette époque, ce qui explique que tant de bâtiments et de châteaux d’époque Renaissance n’ont plus de meneaux aux fenêtres. Cet impôt existe toujours aujourd’hui…)
C’est la maison natale de Monseigneur Dauphin, chanoine de St Denis, d’où son nom.

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La maison du Cadran :
Cette maison est ancienne et remarquable par l’hétéroclisme de son architecture : une partie en colombage au milieu d’un mur en pierres de taille, une fenêtre gothique et un ouvroir médiéval côtoient une fenêtre à meneau typique de la Renaissance française ! La forme de la toiture est d’origine. Sur la cheminée figurent un cadran solaire et une inscription « Carpe Horam Dum Hora Clarescit »: cueillez la lumière pendant qu’il fait jour. Sur le côté un graphique d’équation du temps permet d’obtenir l’heure légale.

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Vue du haut du Donjon

Le musée :
Maison du XVè siècle avec tour d’escalier, il contient depuis 1959 le Musée des Arts et Traditions Populaires de Crozet. Outre une importante bibliothèque d’Histoire régionale, vous pourrez y découvrir les métiers et savoir faire d’autrefois, les objets insolites du passé et surtout la Grande Histoire et les petites histoires du Crozet, de La Pacaudière et de la fameuse Nationale 7, ainsi que la Gravure extraite de l’Armorial de Guillaume Revel montrant le Crozet fortifié en 1450. Nouvelle exposition temporaire chaque année. C’est la seule maison du village entièrement visitable !.. (Pas visité pendant cette première découverte !.. Une autre fois)

La nouvelle église :
Construite en 1862 sur l’emplacement et avec les pierres de l’ancien château, grâce à Monseigneur Dauphin. Chanoine de St Denis et bien en cour sous Napoléon III, il obtint de l’Empereur et des courtisans les fonds nécessaires à la construction de l’église, alors que l’ancienne chapelle menaçait (déjà) ruines.
Il fut d’ailleurs enterré dans le bas côté gauche et les anciens du village racontent qu’il s’y passe d’étranges choses à chaque année bissextile.

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Vue du haut du Donjon.

Le Donjon :
Cette tour ne fut jamais donjon puisqu’aucun seigneur ne résida jamais à Crozet. Mais c’est ainsi que l’on nomme traditionnellement la tour de guet de l’ancien château. Elle fut érigée au XII ème siècle, ainsi que le château, par les Vicomtes de Mâcon. Tour ronde aujourd’hui tronquée, mesurant 11.80 m de haut, 8.80 m de diamètre et dont les murs ont à la base 2.60 m de d’épaisseur. Le clocheton qui le surmonte fut rajouté au XIX ème pour servir de clocher, l’ancienne chapelle n’en étant pas pourvue. En 1873 fut érigée à son sommet une statue de la Vierge mesurant 2.85 m de haut.
La tour fut restaurée en 1950. C’est à cette époque qu’on rajouta les créneaux. Du haut du donjon (table d’orientation), vous aurez une vue imprenable sur La Pacaudière et son Petit Louvre, la plaine Roannaise où l’on devine la vallée de la Loire et sur les massifs alentours, des Monts du Morvan à la Montagne de Tarare.

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Vues sur La Pacaudière.

La Maison Papon :

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Donnant sur l’ancienne place principale de la cité, se trouve la maison natale du célèbre jurisconsulte forézien : Jehan Papon (1500-1590), qui acheva la construction commencée au XVè siècle par son père Pierre Papon, notaire du Crozet. C’est un édifice à 3 façades : au fond de la cour se trouve la partie la plus ancienne. La façade principale, de style Renaissance italienne, rare dans la région, est appareillée en briques vernissées de différentes couleurs formant des dessins irréguliers.

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Percée de 5 fenêtres, elle est ornée de médaillons, de bas-reliefs avec inscriptions latines. Sur la porte de la grande tour : « HOMO HOMINI MONSTRUM » (L’homme est un monstre pour l’homme). Au centre de la façade, la tête en demi-bosse serait le portrait de Platon. Au-dessus, deux personnages près d’une fontaine, avec l’inscription « LAVABUNT PEDES ET MANUS NE FORTE MORIANTUR » (De peur de mourir ils laveront leurs pieds et leurs mains). Plus bas, deux anges déposant une couronne sur la tête de la Vierge avec « ECCE ANCILLA DOMINI » (Voici la servante du Seigneur) ; à droite un cartouche : « LEX DOMINI IMMACULATA » (La loi de Dieu est parfaite). Dans la cour à gauche, au-dessus de la porte de la petite tour, la date 1535 et « SILETO ET SPERA » (Tais-toi et espère). Malheureusement tous ces bas reliefs sont assez abîmés, dégradés par le temps et les intempéries.
Tous ces ornements sont le reflet de la personnalité de Jehan Papon qui habita cette demeure et fut un personnage important du Forez et de la Cour de France: en 1529: Juge royal à Montbrison, en 1543 Lieutenant général civil et criminel du Baillage du Forez et Maître des requêtes de Catherine de Médicis. il fut anobli en 1578 par le roi Henri III. En 1576, ayant condamné à mort des chefs protestants qui avaient dégradé des églises, des troupes protestantes, composées notamment de mercenaires suisses, sont venues à Crozet, pillèrent et ravagèrent sa maison, ainsi que la chapelle. Il a produit de savants écrits : « COMMENTAIRES SUR LES COUTUMES DU BOURBONNAIS » « RECUEIL D’ARTS NOTABLES DES COURS SOUVERAINES DE FRANCE » « LES TROIS NOTAIRES », ainsi que d’autres travaux et études. Il s’est éteint au château de Goutelas le 6 novembre 1590 et a été inhumé à l’église de Notre-Dame de Montbrison, en la chapelle St-Roch.

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Autres maisons du village.

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Et peut-être une visite future à l’occasion du « Festival du verre » le dernier week-end d’août prochain…

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Une réflexion sur “Le Crozet, village médiéval

  1. Et quand je pense que je ne connaissais pas ce village magnifique, un perdu, sans aucun touristes, et que cela fait 58 ans que j’habite presque à côté. Merci Anne-Marie 😉

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