Le prieuré de Montverdun

Nouvelle étape de ces pérégrinations foréziennes, le prieuré de Montverdun que l’on aperçoit de loin.

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Au sommet de l’une des buttes basaltiques de la plaine du Forez, il domine un territoire à l’occupation ancienne, du néolithique (-9000 / -3300) à la période gallo-romaine.
C’est au milieu du Moyen-âge que s’installe une communauté d’une vingtaine de moines dans un prieuré qui devient, au 13è siècle, l’une des filiales de la Chaise-Dieu, dans le comté du Forez.
Le prieuré a été fondé vers 1010. Créé dans un contexte tendu entre l’archevêque de Lyon, possesseur du territoire, et Guy II, comte de Lyon et du Forez, un accord est obtenu en 1173, attribuant la ville de Lyon et les terres attenantes à l’archevêque et le Forez au comte, faisant de Montbrison la capitale de cet état devenu indépendant.
Des chanoines de l’ordre de Saint-Augustin s’installent jusqu’en 1233, date à laquelle ils sont expulsés par 22 moines de la Chaise-Dieu, alors qu’ils étaient accusés de mener une vie dissolue.
Le comte de Forez installe sa garnison dans le prieuré fortifié afin de contrer les sires de Beaujeu.
Au 14è siècle, la vaste dépression économique et morale engendrée par la guerre de Cent Ans, amorce le déclin du prieuré et de l’ordre des bénédictins. En 1564, une transaction entre l’abbaye de la Chaise-Dieu et le prieur de Montverdun fait état du délabrement du prieuré et de la communauté. L’entretien des bâtiments et de l’église n’est plus assuré. On arrête d’y affecter des moines en 1640. Au début des années 1700, des travaux de restauration du site sont entrepris.
Au 19è siècle, les bâtiments sont utilisés comme remise agricole pendant la Révolution et école communale à partir de 1834. Le presbytère a brûlé en 1822. De nombreux bâtiments, comme la salle capitulaire, la sacristie et le réfectoire, sont démolis pour créer une cour de récréation et aussi vendre les pierres.
C’est en 1968 que commence la réfection du logis prieural et l’ensemble est classé aux Monuments Historiques en 1981.
Dans son roman pastoral “L’Astrée”, Honoré d’Urfé (1567-1625) avait imaginé le pic de Montverdun comme lieu d’oracles rendu par la druide Cléontine. Nous irons visiter son château dans le prochain article.

L’église date de la fin du 12è milieu du 13è siècle. Le mur sud, ci-dessus au premier plan, a été construit à la fin du Moyen-âge, agrandissant ainsi la nef dans sa largeur. Au 13è siècle, le clocher s’est effondré.

     

Au loin, ci-dessous juste à droite de la tour, on aperçoit la Bâtie d’Urfé, que nous visiterons ensuite.

    

La Galerie menant au logis du prieur.

Le cimetière

  

 

 

Une petite porte ouvrant sur le transept.

La nef est voûtée en berceau et précédée d’une avant-nef. Au début du 16è siècle, elle est pourvue d’une nouvelle voûte en ogives et un bas-côté est ajouté au sud pour faire face à une augmentation du nombre des fidèles.

 

            

Ci-dessous, clé de voûte aux armes de la famille Saint-Nectaire, que l’on voit aussi au dessus de la petite porte du transept.

D’autres blasons apparaissent sur les clés de voûte : celui des prieurs de Montverdun, Jean et Antoine de Langeac, ainsi que celui de la famille Clermont-Chaste.

   

La Châsse reliquaire de Saint Porcaire.

Le reliquaire est en argent et date de la fin du 18è siècle. Le buste contient un fragment du crâne et les deux prunelles des yeux du saint.

      

Statue en bois polychrome, dont il reste quelques rares traces, inspirée d’une œuvre de Coysevox, sculpteur de Louis XIV.

C’est sous le regard compatissant de l’humble Jean-Marie Vianney, le bon curé d’Ars, béatifié le 8 janvier 1905 (il est déclaré la même année, “patron des prêtres de France”. Canonisé en 1925 par Pie XI, il sera proclamé en 1929 “patron de tous les Curés de l’univers”), que nous quittons ce lieu riche d’Histoire et de croyance.

En route pour la Bâtie d’Urfé…

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3 réflexions sur “Le prieuré de Montverdun

  1. Très belle visite à Montverdun. J’aime beaucoup cette pierre et la situation du prieuré en haut de la colline qui domine la plaine du Forez et ses alentours. Bel endroit où vous pourrez admirer une belle statue en bois de la Vierge (en photo plus haut). Quelle élégance et quel beau drapé.
    Et l’histoire de Saint Porcaire qui démontre une fois encore la sauvagerie et la bonté de l’Homme.

    Aimé par 1 personne

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